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Culture chrétienne

VOICI L'AGNEAU DE DIEU

16 Janvier 2026, 17:26pm

Deuxième dimanche ordinaire A

Jean-Baptiste désigne  Jésus par ces mots : « Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Cette expression, nous la répétons de nombreuses fois chaque dimanche, lorsque nous célébrons l'Eucharistie. Ce peut n'être pour nous qu’une sorte de jargon  à l'usage des initiés. C'est pourquoi il nous faut réfléchir quelques instants et nous demander ce que signifie cette expression, afin de ne plus la dire machinalement.

« L'agneau de Dieu » : l'expression fait d'abord référence à des textes importants de la Bible. Le premier, c'est au livre d'Isaïe, au chapitre 53. Si vous avez une Bible, je vous invite à lire ce chapitre, où le prophète parle d'un « serviteur de Dieu ». On ne sait pas de qui il s'agit: de lui-même, ou du peuple d'Israël, ou du Messie. En tout cas, des siècles avant Jésus-Christ, il décrit comme s'il y assistait la passion de Jésus. Il dit : « Comme un agneau qu'on mène à l'abattoir, il n'a pas ouvert la bouche...Nous l'avons vu, il n'avait ni beauté ni éclat, le dernier des hommes, un homme voué à la souffrance ». Donc, en entendant Jean-Baptiste, ses auditeurs pensent tout de suite au Serviteur de Dieu, le Messie.

« Agneau de Dieu » : l'expression fait également référence à un épisode central de l'histoire sainte : le passage de la Mer Rouge. Juste avant de fuir la terre de l'oppression pour passer dans la terre de la liberté, vous vous rappelez comment les Israélites ont tué un agneau dans chaque famille, ont pris le sang de l'agneau pour badigeonner la porte de leurs maison, puis ont mangé l'agneau. Depuis cette première « pâque », et jusqu'à aujourd'hui, on célèbre toujours le mémorial du « passage » en mangeant l'agneau pascal.
Pourquoi le rituel juif a-t-il repris cette tradition de l'agneau ? Parce que, d'abord, l'agneau est la nourriture habituelle des nomades. Mais également parce que l'agneau est le symbole de la victime innocente, et le symbole de la non-violence. On dit, encore aujourd'hui, « doux comme un agneau ». Donc, en désignant Jésus comme l'agneau de Dieu, il le présente comme quelqu'un qui se place du côté des victimes, qui ne résistera pas à ceux qui lui volent sa vie. Et qui dénonce, par son attitude, toutes les attitudes de violence, d'oppression, toutes les conduites meurtrières de l'humanité.

Il est l'agneau de Dieu. Et, deuxièmement, il enlève (il porte) le péché du monde. Pas le péché d'Israël, son peuple, mais le péché DU MONDE ENTIER. Aujourd'hui, le péché de ceux qui « pensent rendre gloire à Dieu » en lapidant des femmes en Somalie, ou en Iran. Drôle de manière de rendre gloire à Dieu ! Mais pas seulement le péché de Somalie ou d'Afghanistan. Egalement le péché de Washington, de Bagdad, de Téhéran et de Bruxelles, de Londres et de Pékin... complétez la liste, et n'oubliez pas notre péché, à nous, habitants de cette ville. Nous sommes tous dans le péché du monde. Il n'y a qu'un seul juste, Jésus, l'agneau sans tache. Lui, le seul juste, qui vient pour porter le péché du monde, et pour le détruire. Et pour cela, il ira jusqu'à accepter qu'on lui prenne sa vie. C'est-à-dire, qu'on lui fasse la suprême violence, à lui, le juste, sans péché. L'apôtre Paul, évoquant la passion du Christ, dira : « Il s'est fait péché pour nous ».

Et là encore il nous faut changer nos manières de voir. Parce que souvent nous pensons Dieu tout-puissant, Dieu juge, Dieu punisseur, alors que nous voyons, en Jésus image du Père, Dieu-victime. Non seulement Dieu du côté des victimes, mais Dieu qui accepte de se laisser tuer par le péché, parce que tout péché, c'est la négation de Dieu, c'est le refus de Dieu, c'est la mort de Dieu. Eh bien, Dieu accepte cela de nous. Justement pour prendre sur lui notre propre péché et nous en libérer.

Ce qui veut dire, pour nous, baptisés, plongés dans l'Esprit de Dieu, qu'il nous faut faire un choix, et nous demander de quel côté nous sommes. Du côté des oppresseurs, du côté de la violence, quelle qu'elle soit ? Pas seulement de la violence à coups de bombes : on peut être violent en paroles, et par là, blesser et même tuer. Est-ce que nous sommes du côté de la violence, ou du côté des victimes ?

 

VOICI L'AGNEAU DE DIEU
VOICI L'AGNEAU DE DIEU

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Le sacrement du Baptême

9 Janvier 2026, 17:42pm

LES RITES DU BAPTÊME CATHOLIQUE

Profitons de la fête du Baptême du Seigneur pour se réapproprier les rites de notre baptême

Pour approcher l'essentiel invisible, contenu dans les gestes de la liturgie du baptême, qui sont appelés "rites", voici quelques explications :

L'entrée dans l'église :

Le mot «église» a une double signification. Le célébrant accueille les parents à la porte de l'église (bâtiment), puis introduit l'enfant dans l'Église, la grande famille des chrétiens. Eglise en grec se dit "Ekklesia" ce qui signifie: assemblée des fidèles convoqués. Le baptême est l'entrée dans la communauté chrétienne.

Le signe de la Croix :

Le signe de la croix, que le prêtre et tous les participants tracent sur le nouveau baptisé, est le signe de reconnaissance des chrétiens entre eux. En outre, il rappelle à chaque baptisé qu'il devra à sa manière porter ses croix au nom de l'Amour, car le "serviteur n'est pas au-dessus de son maître".

L'imposition des mains :

Le prêtre pose sa main sur la tête du baptisé. En même temps, il prie pour lui. Il demande à Dieu de protéger cet enfant de tout mal : du mal qui pourrait lui arriver, et du mal qu'il pourrait faire. Le baptisé devra apprendre à se battre, contre le mal dont la racine est en lui-même (c'est le combat spirituel) et contre le mal qui, dans son environnement, fait tant de ravages.

L'eau :

Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

L'image de l'eau est l'image centrale du baptême. Les premiers chrétiens entraient nus dans le baptistère. Ce symbole était bien plus fort que les quelques gouttes sur le front de l'enfant. L'eau est à l'origine de toute vie.

L'eau de la vie :

Les sources et les fontaines sont, dans toutes les cultures, des lieux sacrés. Les gens se rencontrent à la fontaine. Certains y trouvent la femme de leur vie comme Moïse et Isaac. Jésus rencontre la Samaritaine à la fontaine et il lui parle de cette eau vive qu'il lui donnera.

Les fonds baptismaux sont une fontaine de même nature. Nous y puisons l'eau qui devient en nous une source intarissable. Par l'eau, c'est l'amour de Dieu qui s'y déverse sur nous et qui, en nous, devient source inépuisable.

L'eau de la purification :

Dans toutes les religions et toutes les cultures l'eau a un pouvoir de purification et de renouvellement. L'eau du baptême nous purifie des fautes du passé et nous renouvelle afin que nous vivions en tant qu'hommes nouveaux.

En venant au monde, nous sommes marqués par des facteurs d'hérédité qui sont liés aux expériences subies par nos parents, grands parents et arrière-grands-parents. Tout cela est lavé par le baptême. Naturellement, cela n'a pas lieu d'une façon magique. Mais en versant l'eau sur la tête de l'enfant, nous pouvons considérer qu'il n'est pas condamné à reproduire la destinée de ses parents et grands parents. Il est ouvert à une vie neuve que Dieu veut mettre en œuvre en lui... L'eau du baptême veut purifier, laver l'enfant de tout ce qui obscurcit l'image unique de Dieu dont il est l'expression.

L'eau destructrice :

L'eau peut aussi avoir une puissance destructrice. Nous pensons tous à sa puissance dévastatrice dans les catastrophes liées aux inondations. Plonger dans le baptême, c'est comme plonger dans le tombeau du Christ pour y ensevelir tout ce qui nous empêche de vivre : notre identité bâtie sur l'appât du gain, du pouvoir, de l'apparence... C'est enterrer notre passé, qui jusqu'ici, nous a déterminés, enterrer nos blessures et nos maladies... C'est mourir à ce monde pour vivre comme des êtres neufs... Le nouveau baptisé est rétabli dans son être véritable, libéré des dépendances de ce monde.

L'eau vive : 'Celui qui boit de cette eau n'aura plus jamais soif'
Le baptême nous rappelle qu'en nous coule une source qui ne nous laissera jamais dépérir ; c'est la source de l'Esprit Saint dans laquelle nous pouvons sans cesse puiser et où nous trouvons toujours de nouvelles inspirations. Si nous travaillons en puisant à cette source, nous ne manquerons jamais d'énergie. Nous travaillerons aisément, avec plaisir. La joie de vivre grandira en nous.

Le vêtement Blanc du Baptême

Le vêtement blanc

N.... tu es devenu une création nouvelle dans le Christ; tu as revêtu le Christ; ce vêtement blanc en est le signe. Que tes parents et tes amis t'aident par leur exemple à garder intacte cette dignité de fils (fille) de Dieu, pour la vie éternelle."

La remise du vêtement blanc a une portée hautement symbolique. Elle n'est pas seulement un acte extérieur; elle métamorphose l'être dans son entier, y compris son coeur. Par le baptême, nous sommes devenus autres. Nous avons acquis une nouvelle existence. Nous sommes remplis de l'esprit de Jésus qui nous illumine, comme le vêtement blanc éclaire le corps dont on l'enveloppe.

Qu'il soit simple bonnet blanc, écharpe, ou belle robe «de baptême», quel sens lui donner ?
Contrairement à une idée reçue, le blanc ne signifie pas seulement la pureté, "lave-moi je serai blanc plus que neige" (Psaume 139).

Dans la bible ceux qui portent des vêtements blancs, ou qui sont invités à les porter sont ceux qui jouissent d'une grande proximité avec Dieu. Le nouveau baptisé devient, par son baptême, un intime du Dieu de Jésus Christ : lors de la Transfiguration Jésus porte un vêtement d'une blancheur éclatante pour marquer sa proximité de Fils de Dieu.
«Vous avez revêtu le Christ» nous dit St Paul. Le vêtement blanc est le signe du Christ ressuscité que nous avons revêtu.

L' Onction du Saint Chrême , pour le Baptême

L'onction avec le saint chrême

Le Saint Chrême est l'huile de l'onction royale. Dans le judaïsme, les prophètes et les rois en étaient oints. C'était le signe de la bénédiction divine et de l'autorité nouvelle qu'ils recevaient de Dieu. Cette huile était élaborée à partir de baume et d'aromates. En recevant l'onction, le baptisé accède à une nature royale, prophétique et sacerdotale ; la bénédiction de Dieu repose sur lui ; il est imprégné d'un parfum qui répand la vie et non le déchirement.

Le baptisé est devenu une personne royale, un être qui règne sur lui-même et qui n'est dominé par personne, en paix avec lui-même et donc artisan de paix.

Le baptisé est devenu un prophète, il parlera avec franchise et fermeté ; toute sa vie il exprimera par son existence personnelle, la parole unique de Dieu, qu'il aura méditée et qu'il devra annoncer.

Le baptisé est consacré prêtre par le baptême. Cela veut dire qu'il a accès à Dieu sans intermédiaire, et qu'en lui-même il peut relier Dieu et l'être humain. Le prêtre est celui qui transforme le terrestre en divin, qui fait transparaître Dieu dans tout ce qui est terrestre, qui trouve la trace de Dieu dans la réalité humaine.

L'huile qui sert pour les baptêmes (et aussi pour les confirmations et les ordinations) annonce le sacrement de confirmation.

  La remise du cierge allumé , le baptême

La remise du cierge allumé.

"Recevez la lumière du Christ... C'est à vous, parents, parrain et marraine que cette lumière est confiée. Veillez à l'entretenir pour que cet enfant, illuminé par le Christ avance dans la vie en enfant de lumière et demeure fidèle à la foi de son baptême. Ainsi quand viendra le Seigneur, N. (prénom de l'enfant) pourra aller à sa rencontre dans son Royaume avec tous les saints du ciel."

Au cours du baptême, le prêtre remet au baptisé un cierge qu'il a allumé au cierge pascal. Cela signifie que chaque être humain est lumière pour ce monde. Le baptême nous révèle qu'avec chaque enfant c'est une nouvelle lumière qui éclôt en ce monde.

A travers le baptême, c'est aussi l'enfant qui est illuminé ; il est irradié de l'éternelle lumière de Dieu. Le sacrement nous ouvre les yeux et nous percevons la réalité telle qu'elle est vraiment.

Le cierge pascal qui brûle dans nos églises rappelle que le Ressuscité du matin de Pâques illumine le monde de la clarté son témoignage :«Je suis la lumière du monde».
Mais, dès le début de son ministère Jésus a dit à ses disciples : «Vous êtes la lumière du monde».
C'est pourquoi prendre la lumière au cierge pascal (Christ-Lumière) pour la remettre au nouveau baptisé (qui doit devenir lumière du monde) c'est comme passer le flambeau : tout le monde comprend le symbolisme.

Eclairés, illuminés, les chrétiens ont à éclairer la route de leurs contemporains.

 Que signifie le mot BAPTISER ?

Aujourd'hui les mots baptême et baptiser sont souvent utilisés dans des domaines profanes.

Baptiser signifie alors «donner un nom », rebaptiser : donner un nouveau nom;

Le mot baptême peut désigner une première expérience : baptême de l'air, baptême du feu...

Pour l'Eglise le mot « baptiser » est la francisation du mot grec «baptizein» qui signifie « plonger ».

Baptiser, c'est plonger dans l'eau, mais ce n'est pas se baigner, ni prendre un bain !

On se laisse baigner par un autre : le Christ.

Aujourd'hui, cette signification n'est plus guère évidente parce que les baptêmes liturgiques, en occident, consistent à verser un peu d'eau sur le front. C'est pourquoi, on préfère l'immersion complète quand cela est possible.

On entend dire parfois que les «parents baptisent leur enfant ».

ll est plus juste de dire que les parents font baptiser leur enfant, car c'est le prêtre qui baptise, et c'est le baptisé qui reçoit le baptême.

 Le Baptême

Du grec baptisma, qui signifie l'acte d'être plongé ou immergé. Le baptême est d'abord lié au besoin naturel de se laver ; les animaux - même les oiseaux - le pratiquent.

Dans les religions, il a toujours été un rite de purification ou d'ablution. Avec le baptême de Jean-Baptiste, cette pratique revêt une signification plus morale que rituelle : « Les Juifs se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés » (Mt 3, 6). Pour être totalement efficace, le baptême doit être une œuvre divine, celle du Christ et de l'Esprit Saint (v. 11). Jésus, en effet, le véritable Agneau de Dieu, est venu accomplir la volonté du Père en prenant sur lui les péchés du monde (Jn 1, 29).

Ainsi chargé, il s'est laissé immerger dans l'abîme du mal et de la souffrance ; à propos de cette immersion, il confie à ses disciples : « Je dois être baptisé d'un baptême, et quelle n'est pas mon angoisse jusqu'à ce qu'il soit consommé ! » (Lc 12, 50). Par sa mort rédemptrice, Jésus descend jusqu'aux enfers, mais pour ramener à la surface des eaux et jusqu'au rivage de l'éternité tous ceux qui accepteront d'être sauvés. S'il donne sa vie, c'est pour la reprendre, afin que la mort soit absorbée dans la victoire et que tous ses amis reçoivent la vie en plénitude (cf. Jn 10, 17. 10 ; 1 Co 15, 54).

Pour avoir part à la vie du Christ ressuscité, il faut que les croyants entrent, par le baptême, dans le mystère pascal : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la Gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Toutes les petites morts ou épreuves quotidiennes, qui préparent notre mort, doivent être unies au sacrifice du Christ pour devenir rédemptrices : ainsi sommes-nous plongés dans sa mort. Déjà cependant, sa vie nous anime : baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (Mt 28, 19), nous sommes « plongés » dans la vie trinitaire, abreuvés de l'Esprit Saint (1 Co 12, 13), en attendant d'être immergés dans la Gloire. Le sacrement du baptême fait de nous des « re-nés » à la vie divine ; pour ceux qui peuvent le comprendre et l'accepter, il est de nécessité de salut (Jn 3, 5 ; Mc 16, 16) ; pour les autres, la rectitude de vie et le don de soi, et aussi l'offrande de la vie au moment de la mort - ou, pour les enfants morts sans baptême, le fait de mourir d'une mort « semblable à celle du Christ » (cf. Rm 6, 5) - constituent des titres à une quelconque suppléance, car, selon l'adage théologique, Dieu n'est pas lié aux sacrements. Normalement donc, le baptême est nécessaire au salut ; il est « la porte des autres sacrements », c'est-à-dire la condition : on ne peut être confirmé ou communier si l'on n'est pas baptisé ; pour se nourrir ou pour atteindre une stature d'adulte, il faut être né. Le baptême régénère en donnant le germe de la vie divine ; il faut ensuite laisser croître ce germe par la pratique de la vie chrétienne, spécialement par l'exercice de la vie liturgique et sacramentelle.

 Le « caractère » reçu au baptême a pour fonction, selon saint Thomas, de nous habiliter au culte. Né de la liturgie baptismale, le chrétien qui ne veut pas devenir un avorton de la vie divine trouve sa joie et sa force dans les célébrations liturgiques. Tout homme peut baptiser son semblable en cas de grave nécessité (voir Ondoiement) ; il n'est même pas requis que lui-même soit baptisé : il suffit qu'il veuille faire ce que fait l'Église.

En versant de l'eau sur le front ou sur une autre partie du corps de la personne qui demande le baptême, celui qui baptise doit dire : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». En soi, le baptême par immersion est le plus significatif, le plus originel aussi.

 

Le sacrement du Baptême

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LE BAPTÊME DE JESUS

9 Janvier 2026, 17:27pm

Avec la fête du baptême de Jésus, nous sommes au sommet du temps de l'Epiphanie. Après l'annonce aux bergers dans la nuit de Noël, puis la visite des Mages qui découvrent la manifestation de Dieu aux lueurs de l'étoile, c'est Jésus lui-même, Verbe de Dieu, qui se manifeste à son baptême dans le Jourdain. Depuis ce moment-là, génération après génération, nous ne cessons pas de découvrir ce que Dieu veut nous laisser voir et comprendre.

L'Epiphanie, ou le dévoilement du mystère en Dieu, se fait dans l'éternel aujourd'hui de Dieu : "Avec ton Fils, l'aurore de ton jour éternel s'est levée sur toutes les nations" dit la prière de la messe de jeudi dernier

Jusqu'ici, l'épiphanie laissait voir et découvrir les signes de Dieu. Aujourd'hui, l'épiphanie parle : " Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé " en qui j'ai mis tout mon amour." La voix est celle de celui qui peut appeler l'autre "mon fils". Qu'elle soit exprimée de vive-voix ou seulement de l'intérieur, la voix est en effet, écoutée et retenue à une telle profondeur qu'elle retentit jusqu'à nous, jusqu'à la fin des temps,. Elle proclame l'identité de cet homme nommé Jésus. Il est Fils de Dieu. Il vient du Père et vit dans le Père.

Tout nous dit que c'est à partir de ce moment-là que Jésus se sait différent. Pendant trente ans, Jésus vivait caché. Il était un juif ordinaire, vivant pauvrement de son travail, menuisier, fils de menuisier. Comme tout juif pratiquant, il fréquentait la synagogue, il écoutait, lisait la Bible et priait avec. Mais aujourd'hui, tout devient différent. L'événement de son Baptême nous donne un éclairage sur sa vie humaine : fils de David, fils de Marie, mais Fils de Dieu.

Il sait parfaitement maintenant d'où il vient et où il va. Il sait que "le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu'il est sorti de Dieu et qu'il va vers Dieu." (Jn 13,3,) en ramenant tous et tout avec lui. A son baptême, Jésus atteint le sommet de la connaissance de Dieu et du monde des hommes. Il a pleine conscience maintenant de son identité de Fils de Dieu et de sa mission de Messie.

En lui, se concentre toute l’humanité comme le sang retourne au coeur pour s’y purifier. Il s’incorpore tous les hommes. Ils ne font avec lui qu’un seul corps. Le chrétien est l'homme de la filiation divine, conscient d'être né, non pas du sang, ni d'un vouloir de chair, mais de Dieu. Quand il reste dans cet éveil que le Christ lui a communiqué, il est l'homme de prière. La référence à Dieu ouvre le chrétien aux dimensions de l'Esprit. Il est ouvert au monde, à ses frères pour les servir comme Jésus est venu pour servir et non pour être servi. Car Jésus est l’épiphanie de Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit.

Jésus n'est jamais seul. Il est toujours avec Quelqu'un qu'il appelle son Père. Il nous fait découvrir que la vie est la relation avec Celui qui est. Quand il envoie les disciples baptiser au Nom du Père et du Fils et du St Esprit, il donne à ses disciples le pouvoir de transmettre cette relation de la vie en Dieu.

Pour nous faire entrer dans son mystère, Dieu a emprunté l'expérience vécue la plus forte qu'il peut trouver dans tout l'univers : la paternité et la maternité humaines. L'écho vital de l'expérience "père-mère" est la filiation. C'est le regard du bébé qui trouve le visage de son premier vis à vis dans ce monde, celui de sa maman, celui de son papa. Le regard du père et de la mère éveille le bébé à lui-même. Le bébé sourit, et la relation est née. Le bébé est maintenant une personne. La rencontre ne se fait qu'entre deux personnes. Elle s'effectue par ce regard de reconnaissance et de compréhension, signe du souffle de vie qui crée le lien entre deux personnes : l'esprit.

Jésus n'est pas venu pour créer des rites à pratiquer. C'est normal que l'on s'ennuie quand on prend l'Evangile ou la vie de l'Eglise, ou notre vie chrétienne, comme un répertoire de rites. Jésus est venu créer des occasions à vivre avec Dieu le Père et à être fils. Quand il confie à ses apôtres d'aller dans le monde entier baptiser les nations, il ne pense pas à créer des registres de baptême fournis. Il veut faire participer tous, sans distinction, à ce que le Père lui a dit aujourd'hui : " tu es mon Fils, moi aujourd'hui, je t'ai engendré."

Tout baptême doit se trouver dans cette reconnaissance de Jésus par le Père, comme son origine. " Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit," veut dire en clair : par ce signe de référence, avec ce geste d'immersion dans l'eau, il faut que tu saches, dit le Seigneur, que tu es maintenant dans la vie en Dieu. Dieu se retrouve intimement dans cette expérience de relation de père-mère-enfant. Dieu n'a pas de nom, ni de prénom. Mais il est un nom humain dont Dieu aime bien se faire appeler : Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit.

L'Epiphanie est à la fois le dévoilement du mystère en Dieu et la rencontre entre Dieu et l'humanité, en cet homme nommé Jésus, Fils de Dieu et fils de notre terre.

 

 

 

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LA FÊTE DES ROIS

3 Janvier 2026, 11:06am

L’EPIPHANIE

L'année commence en fanfare par la célébration de l’Épiphanie. Grâce à Dieu et aux galettes, personne n’y échappera. Bénie soit la liturgie des confiseurs qui préserve nos fêtes chrétiennes de l’oubli et des assauts du laïcisme ! Sur la pente doucement irrésistible du sacré au sucré, notre dévotion pâtissière nous rappelle que l’Épiphanie est la fête des rois. Effectivement la Tradition de l'Église qui lit l'Écriture intelligemment a dès longtemps vu dans les mages de l'Évangile les rois dont le psaume dit : "Ils apporteront des présents. Ils se prosterneront devant Lui. Ils feront leur offrande" (Ps 72).

Faire des mages des rois, c’est donner à l’Épiphanie une portée éminemment politique. Déjà à Noël l’ange annonçait : "Aujourd’hui vous est né un Sauveur." Or c’est l’empereur de Rome qui se faisait appeler Sôter, Sauveur du monde ! Admirons la provocation angélique : le vrai empereur n’est pas ce fantoche dans ces palais du Palatin mais ce nouveau-né sur la paille de la crèche ! Hérode peut trembler pour son trône ! Quelle terreur inspirera un jour le tribunal du Juge, si le berceau d’un petit enfant fait déjà trembler les rois superbes sur leur trône ? Que les Puissants redoutent Celui qui est assis à la droite du Père, puisque Hérode craignait l’Enfant assis sur les genoux de sa mère ! Pauvre Hérode ! Celui à qui tu veux défendre de régner sur la Judée étend son règne partout jusqu’aux nations des confins de la terre ! 

Les mages sont rois et ils sont trois, aussi. Ils sont trois parce qu’ils portent trois cadeaux : l’or, l’encens et la myrrhe. Ils sont trois parce qu’ils représentent toutes les nations de la terre, c’est-à-dire les peuples issus des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet dont il est dit "à partir de ces trois-là se fit le peuplement de toute la terre" (Gn 9, 19). Parce qu’ils figurent ces nations qui viennent de l’Orient et de l’Occident s’asseoir au festin d’Abraham d’Isaac et de Jacob. Parce qu’ils sont Noé, Daniel et Job, ces trois païens qui selon le prophète Ezéchiel auront la vie sauve quand le pays verra la perte de ses enfants (Ez 14, 14-15). Parce que le Messie devait se manifester devant Ephraïm, Benjamin Manassé selon les paroles du psaume : "Pasteur d’Israël, "épiphanisez-vous" devant Ephraïm, Benjamin, Manassé" (Ps 79, 3). 

Mais les Pères de l’Église rapprochaient aussi les rois mages et les trois enfants du livre de Daniel. Ananias, Azarias et Misaël qui refusèrent de se prosterner devant Nabuchodonosor (Dn, 3). Voilà bien la merveille ! Trois enfants des Hébreux ne s’inclinent point devant un roi païen, mais trois rois païens se prosternent devant un enfant hébreu ! Le seul Roi en effet était ce petit enfant juif, né de la Vierge Marie. Voilà comment Dieu tire vengeance des nations, voilà le grand retournement improbable annonciateur du dénouement de Pâques : "l’amour jaloux du Seigneur Sabaoth fera cela" (Is 9, 9).

 

LA FÊTE DES ROIS

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