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Culture chrétienne

LA FÊTE DES ROIS

3 Janvier 2026, 11:06am

L’EPIPHANIE

L'année commence en fanfare par la célébration de l’Épiphanie. Grâce à Dieu et aux galettes, personne n’y échappera. Bénie soit la liturgie des confiseurs qui préserve nos fêtes chrétiennes de l’oubli et des assauts du laïcisme ! Sur la pente doucement irrésistible du sacré au sucré, notre dévotion pâtissière nous rappelle que l’Épiphanie est la fête des rois. Effectivement la Tradition de l'Église qui lit l'Écriture intelligemment a dès longtemps vu dans les mages de l'Évangile les rois dont le psaume dit : "Ils apporteront des présents. Ils se prosterneront devant Lui. Ils feront leur offrande" (Ps 72).

Faire des mages des rois, c’est donner à l’Épiphanie une portée éminemment politique. Déjà à Noël l’ange annonçait : "Aujourd’hui vous est né un Sauveur." Or c’est l’empereur de Rome qui se faisait appeler Sôter, Sauveur du monde ! Admirons la provocation angélique : le vrai empereur n’est pas ce fantoche dans ces palais du Palatin mais ce nouveau-né sur la paille de la crèche ! Hérode peut trembler pour son trône ! Quelle terreur inspirera un jour le tribunal du Juge, si le berceau d’un petit enfant fait déjà trembler les rois superbes sur leur trône ? Que les Puissants redoutent Celui qui est assis à la droite du Père, puisque Hérode craignait l’Enfant assis sur les genoux de sa mère ! Pauvre Hérode ! Celui à qui tu veux défendre de régner sur la Judée étend son règne partout jusqu’aux nations des confins de la terre ! 

Les mages sont rois et ils sont trois, aussi. Ils sont trois parce qu’ils portent trois cadeaux : l’or, l’encens et la myrrhe. Ils sont trois parce qu’ils représentent toutes les nations de la terre, c’est-à-dire les peuples issus des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet dont il est dit "à partir de ces trois-là se fit le peuplement de toute la terre" (Gn 9, 19). Parce qu’ils figurent ces nations qui viennent de l’Orient et de l’Occident s’asseoir au festin d’Abraham d’Isaac et de Jacob. Parce qu’ils sont Noé, Daniel et Job, ces trois païens qui selon le prophète Ezéchiel auront la vie sauve quand le pays verra la perte de ses enfants (Ez 14, 14-15). Parce que le Messie devait se manifester devant Ephraïm, Benjamin Manassé selon les paroles du psaume : "Pasteur d’Israël, "épiphanisez-vous" devant Ephraïm, Benjamin, Manassé" (Ps 79, 3). 

Mais les Pères de l’Église rapprochaient aussi les rois mages et les trois enfants du livre de Daniel. Ananias, Azarias et Misaël qui refusèrent de se prosterner devant Nabuchodonosor (Dn, 3). Voilà bien la merveille ! Trois enfants des Hébreux ne s’inclinent point devant un roi païen, mais trois rois païens se prosternent devant un enfant hébreu ! Le seul Roi en effet était ce petit enfant juif, né de la Vierge Marie. Voilà comment Dieu tire vengeance des nations, voilà le grand retournement improbable annonciateur du dénouement de Pâques : "l’amour jaloux du Seigneur Sabaoth fera cela" (Is 9, 9).

 

LA FÊTE DES ROIS
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