Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Culture chrétienne

Fête de l’Immaculée Conception

5 Décembre 2025, 22:24pm

Fête de l’Immaculée Conception

le 8 décembre marque la fête de l’Immaculée Conception. La célébration de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie – située dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent – nous rappelle la destinée unique de cette femme juive, choisie par Dieu. Pour la foi chrétienne, Marie est indissociable de l’enfant qu’elle a porté, Jésus, en qui s’est totalement manifesté le Dieu vivant. Elle est appelée, depuis le concile d’Éphèse (431), « Mère de Dieu ». Selon la tradition catholique, depuis le dogme promulgué par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854, elle est déclarée préservée du péché originel dès sa naissance.

 

Pourquoi un dogme ?

Un dogme est une vérité de foi solennellement proclamée par le Pape pour être accueillie par l’Église. Ainsi, le 8 décembre 1854, dans la Bulle Ineffabilis Deus, le pape Pie IX déclarait : « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles ».

En d’autres termes, pour accueillir le Fils de Dieu, Marie ne pouvait avoir en son coeur aucune trace d’hésitation ou de refus. Dieu avait besoin que le don de son amour rencontre une foi parfaitement pure, une âme sans péché. Seule la grâce (le don gratuit de Dieu) pouvait ainsi la préparer, et elle en est comblée (Évangile selon saint Luc, chapitre 1). Comme un fruit anticipé du pardon offert par Jésus sur la croix, Marie (qui a été conçue normalement, par l’union de son père et de sa mère) est immaculée, pure de tout péché, et préservée de cette séparation d’avec Dieu qui marque l’homme dès le début de son existence, le péché originel.

« Pour la plupart des gens, « l’immaculée conception » voudrait dire que Marie est devenue mère, a conçu Jésus, par l’action de l’Esprit Saint, sans relation conjugale. Comme si la relation conjugale était, par elle-même, un péché. Ce n’est pas du tout ce que dit la foi chrétienne. Si le mariage était un péché, il ne pourrait être un sacrement […] rappelle Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes. » Que voulait dire Pie IX ? Que fête l’Église catholique le 8 décembre ? Ceci : 

Marie, dès l’origine, a été totalement étrangère au péché. C’est pourquoi, dans toutes les apparitions, elle se montre toujours merveilleusement belle, rayonnante de lumière et de bonté.

Quelle est la place de Marie dans l’Eglise ?

Le Nouveau Testament parle peu de Marie. Néanmoins, nous avons assez d’indications pour la connaître, découvrir son attitude profonde de disciple de Jésus, son fils, Fils de Dieu. C’est là le meilleur d’elle-même qui transparaît et éclaire notre foi de Chrétiens (…)

Elle reconnaît en son fils le Messie, l’envoyé de Dieu. En mère et en disciple, Marie se tient au pied de la croix. Malgré la condamnation de Jésus par les hommes, sa confiance demeure.

 Marie, mère de l’Eglise

 

ciric_marie
i

 

Jean, l’évangéliste relate une des dernières paroles de Jésus : « Femme, voici ton fils ». Jésus confie l’apôtre Jean à sa mère. Puis Jésus confie Marie à son disciple : « Voici ta mère » (Jean 19, 25-27) Par la suite, Marie sera désignée comme mère des Chrétiens, de tous ceux qui reconnaissent le Messie de Dieu sous les traits du crucifié et proclament sa Résurrection. Au jour de Pentecôte, on retrouve Marie présente au milieu des disciples. Depuis son « oui » de départ, Marie a toujours fait preuve de persévérance dans la foi. Au cours des siècles, les Catholiques ont toujours vu en Marie le disciple par excellence. En elle, se manifeste tout ce que Dieu peut réaliser en un être humain accueillant la sainteté de Dieu.

Mère de Dieu, Vierge, Immaculée

Selon la tradition de l’Église, Marie, témoin de l’amour de Dieu peut recevoir plusieurs titres :

– « Mère de Dieu » (Concile d’Ephèse en 431). En Jésus, l’Église reconnaît le Dieu fait homme, c’est une affirmation essentielle de la foi chrétienne. Parce qu’elle est mère de Jésus, marie peut être appelée mère de Dieu.
– « Vierge ». En fait, il s’agit moins de dire quelque chose sur Marie, que sur Jésus. Il est le Messie, né non d’une volonté d’homme, mais donné par Dieu à l’humanité, gratuitement, de manière totalement inédite. Jésus vient d’ailleurs, il est dit : « conçu par l’Esprit Saint ».
– « Immaculée ». Dès sa naissance, Marie est orientée selon l’amour de Dieu, elle est prête à l’avènement du Christ venu pour le salut de tous les hommes
.

L’Assomption de Marie signifie qu’en vivant pleinement de l’Esprit Saint, elle accède totalement, par la grâce particulière de son fils, au monde nouveau et définitif de la Résurrection. Marie nous précède sur le chemin des sauvés en Jésus Christ. (…)
Marie loue le Seigneur Dieu pour ce qui se produit par elle : la venue du Messie. Elle exprime la reconnaissance de tous les hommes à l’égard de Dieu car son amour transforme le monde selon sa promesse.Invoquer Marie, c’est faire appel à sa proximité avec Jésus, à son intercession auprès de Dieu. Depuis des générations, les catholiques confient à Marie leurs soucis, leurs préoccupations pour le monde, leur désir d’avancer dans la foi. Certains font mémoire des événements de la vie du Christ en égrenant le chapelet et en récitant le « Je vous salue Marie ». Tout ce qui se passe dans les lieux de pèlerinage est de cet ordre-là. Marie nous précède sur le chemin. Avant nous, elle a vécu son « pèlerinage de foi ».

Pourquoi un dogme ?

Un dogme est une vérité de foi solennellement proclamée par le Pape pour être accueillie par l’Église. Ainsi, le 8 décembre 1854, dans la Bulle Ineffabilis Deus, le pape Pie IX déclarait : « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles ».

En d’autres termes, pour accueillir le Fils de Dieu, Marie ne pouvait avoir en son coeur aucune trace d’hésitation ou de refus. Dieu avait besoin que le don de son amour rencontre une foi parfaitement pure, une âme sans péché. Seule la grâce (le don gratuit de Dieu) pouvait ainsi la préparer, et elle en est comblée (Évangile selon saint Luc, chapitre 1). Comme un fruit anticipé du pardon offert par Jésus sur la croix, Marie (qui a été conçue normalement, par l’union de son père et de sa mère) est immaculée, pure de tout péché, et préservée de cette séparation d’avec Dieu qui marque l’homme dès le début de son existence, le péché originel.

« Pour la plupart des gens, « l’immaculée conception » voudrait dire que Marie est devenue mère, a conçu Jésus, par l’action de l’Esprit Saint, sans relation conjugale. Comme si la relation conjugale était, par elle-même, un péché. Ce n’est pas du tout ce que dit la foi chrétienne. Si le mariage était un péché, il ne pourrait être un sacrement […] rappelle Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes. » Que voulait dire Pie IX ? Que fête l’Église catholique le 8 décembre ? Ceci :

Marie, dès l’origine, a été totalement étrangère au péché. C’est pourquoi, dans toutes les apparitions, elle se montre toujours merveilleusement belle, rayonnante de lumière et de bonté.

 

Fête de l’Immaculée Conception
Fête de l’Immaculée Conception

Voir les commentaires

HOMELIE 1er DIMANCHE DE L'AVENT

2 Décembre 2025, 17:48pm

Avec ce premier dimanche de l’Avent, nous sommes au début d’une nouvelle année liturgique. C’est comme une nouvelle page de notre vie chrétienne qui s’ouvre. C’est un temps fort de la vie des croyants. Pour le comprendre, il faut se rappeler que ce mot signifie "avènement". L'avent c'est le temps de la venue. Celui qui vient, c'est Jésus et nous sommes invités à l'accueillir. Nous pensons tous à Noël et nous voulons que cette fête soit aussi réussie que possible. Mais surtout, nous voulons rappeler à ceux qui l'ont oublié que Noël c'est d'abord une fête chrétienne. Tout a commencé avec la venue de Jésus dans notre humanité. Son grand projet c'est de chercher et sauver ceux qui sont perdus.

Malheureusement, pour beaucoup, Noël c'est le grand rendez-vous du clinquant, enrobé de sensiblerie. Les vitrines en sont témoins. Ceux qui viennent acheter ont besoin de couleurs, de brillances, d’inhabituel au point qu’il leur faut même une crèche qui se trouve dans les rayons des magasins non loin des peluches de Dysneyland. Or voilà que dans la première lecture, Isaïe nous invite à marcher à la lumière du Seigneur. Il nous faut vraiment retrouver l'essentiel, celui qui peut éclairer notre vie et lui donner tout son sens. Un jour, il a dit : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va au Père sans passer par moi."

Le premier dimanche de l'Avent nous renvoie à une autre venue de Jésus, celle de son retour définitif dans la gloire à la fin du monde. Les premières générations de chrétiens pensaient que ce serait imminent. Ils s'y attendaient tous les jours. Mais le temps a passé. Ils ont progressivement compris que ce ne serait pas pour le lendemain. Il ne fallait donc pas rester là "affairés sans rien faire". Saint Paul leur recommande d'assumer leurs responsabilités et de manger le pain qu'ils auront eux-mêmes gagné. Ailleurs, Jésus nous invite à rester "en tenue de service" et à garder nos lampes allumées, la lampe de la foi, celle de l'espérance et aussi celle de la prière. Tout cela se trouve aujourd'hui résumé dans un mot : VEILLEZ.

Veiller? C'est être vigilant, prévoyant et attentif ; c'est faire preuve de discernement et prévoir ce qui peut arriver. Nous avons vu ces derniers mois que l'imprévoyance et la passivité ont aggravé des catastrophes et causé de nombreux morts. Nous savons aussi à quel point une distraction peut être dangereuse quand on conduit une voiture ou quand on travaille sur une machine. Il en est de même dans notre relation à Dieu : A l'époque de Noé, "on mangeait, on buvait, on se mariait". Il n'y avait là rien de mal. Mais on vivait dans l'insouciance. Dieu était le grand oublié. Les gens ne se sont douté de rien jusqu'au jour où le déluge les a tous emportés.

L'important n'est pas de se demander si le déluge a bien eu lieu mais d'essayer de comprendre ce que veut nous dire ce texte de la Bible. Dieu voit des gens qui passent leur temps à manger, boire et se marier. Ils ne sont finalement préoccupés que par leur vie matérielle. Il n'y a pas de profondeur en eux. Ils ne pensent qu'à l'argent, aux cadeaux de Noël, au réveillon et à tant d'autres choses qui les accaparent. Ils en oublient celui qui vient à eux et ne cesse de frapper à la porte de leur cœur. Dans un monde imprégné par l'indifférence, la sécularisation, l’athéisme ou le fanatisme, nous sommes appelés par Isaïe à marcher "à la lumière du Seigneur.

C'est vrai que trop souvent, notre vie est engloutie par un déluge d'égoïsme et d'indifférence. Nous assistons à une montée de la violence, du racisme, du chacun pour soi. Le manque de vigilance nous fait oublier Dieu qui est Amour. Il nous met dans un état d'hibernation spirituelle. Le temps de l'Avent est là précisément pour nous réveiller. Saint Paul nous donne un éclairage intéressant sur la manière de veiller. Il nous invite à rejeter les œuvres des ténèbres et à repousser le mal qui risque d'envahir notre vie comme un déluge.

Veiller c'est agir sur tout ce qui doit changer dans notre vie ; c'est rejeter toutes les formes d'égoïsme et d'indifférence ; c'est renoncer aux comportements qui nous détournent de Dieu et des autres. Mais le plus important, c'est de revêtir le Christ et nous laisser habiller par l'amour et la Lumière qui sont en lui. Noël c'est Jésus qui est venu ; il continue à venir dans notre vie de tous les jours et il reviendra dans la gloire. Il est plus que jamais nécessaire de bien le mettre au centre de notre vie et de notre prière. En fait, il est bien là mais c'est nous qui sommes souvent ailleurs. Nous sommes toujours dehors à nous agiter et à courir dans tous les sens. Ce premier dimanche de l'Avent est là pour nous rappeler que nous sommes fils et filles de Dieu. Cela change tout dans notre vie de tous les jours.

L'eucharistie qui nous rassemble, c'est encore et toujours le Christ qui vient. Il veut demeurer avec nous jusqu'à la fin des temps. Plus nous participons à l'Eucharistie, plus nous revêtirons le Christ. Il veut que nous soyons avec lui pour le rejoindre dans son éternité. "Donne à tes fidèles, Dieu Tout-Puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur." Amen

HOMELIE 1er DIMANCHE DE L'AVENT

Voir les commentaires

VOICI L'AGNEAU DE DIEU

16 Janvier 2026, 17:26pm

Deuxième dimanche ordinaire A

Jean-Baptiste désigne  Jésus par ces mots : « Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Cette expression, nous la répétons de nombreuses fois chaque dimanche, lorsque nous célébrons l'Eucharistie. Ce peut n'être pour nous qu’une sorte de jargon  à l'usage des initiés. C'est pourquoi il nous faut réfléchir quelques instants et nous demander ce que signifie cette expression, afin de ne plus la dire machinalement.

« L'agneau de Dieu » : l'expression fait d'abord référence à des textes importants de la Bible. Le premier, c'est au livre d'Isaïe, au chapitre 53. Si vous avez une Bible, je vous invite à lire ce chapitre, où le prophète parle d'un « serviteur de Dieu ». On ne sait pas de qui il s'agit: de lui-même, ou du peuple d'Israël, ou du Messie. En tout cas, des siècles avant Jésus-Christ, il décrit comme s'il y assistait la passion de Jésus. Il dit : « Comme un agneau qu'on mène à l'abattoir, il n'a pas ouvert la bouche...Nous l'avons vu, il n'avait ni beauté ni éclat, le dernier des hommes, un homme voué à la souffrance ». Donc, en entendant Jean-Baptiste, ses auditeurs pensent tout de suite au Serviteur de Dieu, le Messie.

« Agneau de Dieu » : l'expression fait également référence à un épisode central de l'histoire sainte : le passage de la Mer Rouge. Juste avant de fuir la terre de l'oppression pour passer dans la terre de la liberté, vous vous rappelez comment les Israélites ont tué un agneau dans chaque famille, ont pris le sang de l'agneau pour badigeonner la porte de leurs maison, puis ont mangé l'agneau. Depuis cette première « pâque », et jusqu'à aujourd'hui, on célèbre toujours le mémorial du « passage » en mangeant l'agneau pascal.
Pourquoi le rituel juif a-t-il repris cette tradition de l'agneau ? Parce que, d'abord, l'agneau est la nourriture habituelle des nomades. Mais également parce que l'agneau est le symbole de la victime innocente, et le symbole de la non-violence. On dit, encore aujourd'hui, « doux comme un agneau ». Donc, en désignant Jésus comme l'agneau de Dieu, il le présente comme quelqu'un qui se place du côté des victimes, qui ne résistera pas à ceux qui lui volent sa vie. Et qui dénonce, par son attitude, toutes les attitudes de violence, d'oppression, toutes les conduites meurtrières de l'humanité.

Il est l'agneau de Dieu. Et, deuxièmement, il enlève (il porte) le péché du monde. Pas le péché d'Israël, son peuple, mais le péché DU MONDE ENTIER. Aujourd'hui, le péché de ceux qui « pensent rendre gloire à Dieu » en lapidant des femmes en Somalie, ou en Iran. Drôle de manière de rendre gloire à Dieu ! Mais pas seulement le péché de Somalie ou d'Afghanistan. Egalement le péché de Washington, de Bagdad, de Téhéran et de Bruxelles, de Londres et de Pékin... complétez la liste, et n'oubliez pas notre péché, à nous, habitants de cette ville. Nous sommes tous dans le péché du monde. Il n'y a qu'un seul juste, Jésus, l'agneau sans tache. Lui, le seul juste, qui vient pour porter le péché du monde, et pour le détruire. Et pour cela, il ira jusqu'à accepter qu'on lui prenne sa vie. C'est-à-dire, qu'on lui fasse la suprême violence, à lui, le juste, sans péché. L'apôtre Paul, évoquant la passion du Christ, dira : « Il s'est fait péché pour nous ».

Et là encore il nous faut changer nos manières de voir. Parce que souvent nous pensons Dieu tout-puissant, Dieu juge, Dieu punisseur, alors que nous voyons, en Jésus image du Père, Dieu-victime. Non seulement Dieu du côté des victimes, mais Dieu qui accepte de se laisser tuer par le péché, parce que tout péché, c'est la négation de Dieu, c'est le refus de Dieu, c'est la mort de Dieu. Eh bien, Dieu accepte cela de nous. Justement pour prendre sur lui notre propre péché et nous en libérer.

Ce qui veut dire, pour nous, baptisés, plongés dans l'Esprit de Dieu, qu'il nous faut faire un choix, et nous demander de quel côté nous sommes. Du côté des oppresseurs, du côté de la violence, quelle qu'elle soit ? Pas seulement de la violence à coups de bombes : on peut être violent en paroles, et par là, blesser et même tuer. Est-ce que nous sommes du côté de la violence, ou du côté des victimes ?

 

VOICI L'AGNEAU DE DIEU
VOICI L'AGNEAU DE DIEU

Voir les commentaires

Le sacrement du Baptême

9 Janvier 2026, 17:42pm

LES RITES DU BAPTÊME CATHOLIQUE

Profitons de la fête du Baptême du Seigneur pour se réapproprier les rites de notre baptême

Pour approcher l'essentiel invisible, contenu dans les gestes de la liturgie du baptême, qui sont appelés "rites", voici quelques explications :

L'entrée dans l'église :

Le mot «église» a une double signification. Le célébrant accueille les parents à la porte de l'église (bâtiment), puis introduit l'enfant dans l'Église, la grande famille des chrétiens. Eglise en grec se dit "Ekklesia" ce qui signifie: assemblée des fidèles convoqués. Le baptême est l'entrée dans la communauté chrétienne.

Le signe de la Croix :

Le signe de la croix, que le prêtre et tous les participants tracent sur le nouveau baptisé, est le signe de reconnaissance des chrétiens entre eux. En outre, il rappelle à chaque baptisé qu'il devra à sa manière porter ses croix au nom de l'Amour, car le "serviteur n'est pas au-dessus de son maître".

L'imposition des mains :

Le prêtre pose sa main sur la tête du baptisé. En même temps, il prie pour lui. Il demande à Dieu de protéger cet enfant de tout mal : du mal qui pourrait lui arriver, et du mal qu'il pourrait faire. Le baptisé devra apprendre à se battre, contre le mal dont la racine est en lui-même (c'est le combat spirituel) et contre le mal qui, dans son environnement, fait tant de ravages.

L'eau :

Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

L'image de l'eau est l'image centrale du baptême. Les premiers chrétiens entraient nus dans le baptistère. Ce symbole était bien plus fort que les quelques gouttes sur le front de l'enfant. L'eau est à l'origine de toute vie.

L'eau de la vie :

Les sources et les fontaines sont, dans toutes les cultures, des lieux sacrés. Les gens se rencontrent à la fontaine. Certains y trouvent la femme de leur vie comme Moïse et Isaac. Jésus rencontre la Samaritaine à la fontaine et il lui parle de cette eau vive qu'il lui donnera.

Les fonds baptismaux sont une fontaine de même nature. Nous y puisons l'eau qui devient en nous une source intarissable. Par l'eau, c'est l'amour de Dieu qui s'y déverse sur nous et qui, en nous, devient source inépuisable.

L'eau de la purification :

Dans toutes les religions et toutes les cultures l'eau a un pouvoir de purification et de renouvellement. L'eau du baptême nous purifie des fautes du passé et nous renouvelle afin que nous vivions en tant qu'hommes nouveaux.

En venant au monde, nous sommes marqués par des facteurs d'hérédité qui sont liés aux expériences subies par nos parents, grands parents et arrière-grands-parents. Tout cela est lavé par le baptême. Naturellement, cela n'a pas lieu d'une façon magique. Mais en versant l'eau sur la tête de l'enfant, nous pouvons considérer qu'il n'est pas condamné à reproduire la destinée de ses parents et grands parents. Il est ouvert à une vie neuve que Dieu veut mettre en œuvre en lui... L'eau du baptême veut purifier, laver l'enfant de tout ce qui obscurcit l'image unique de Dieu dont il est l'expression.

L'eau destructrice :

L'eau peut aussi avoir une puissance destructrice. Nous pensons tous à sa puissance dévastatrice dans les catastrophes liées aux inondations. Plonger dans le baptême, c'est comme plonger dans le tombeau du Christ pour y ensevelir tout ce qui nous empêche de vivre : notre identité bâtie sur l'appât du gain, du pouvoir, de l'apparence... C'est enterrer notre passé, qui jusqu'ici, nous a déterminés, enterrer nos blessures et nos maladies... C'est mourir à ce monde pour vivre comme des êtres neufs... Le nouveau baptisé est rétabli dans son être véritable, libéré des dépendances de ce monde.

L'eau vive : 'Celui qui boit de cette eau n'aura plus jamais soif'
Le baptême nous rappelle qu'en nous coule une source qui ne nous laissera jamais dépérir ; c'est la source de l'Esprit Saint dans laquelle nous pouvons sans cesse puiser et où nous trouvons toujours de nouvelles inspirations. Si nous travaillons en puisant à cette source, nous ne manquerons jamais d'énergie. Nous travaillerons aisément, avec plaisir. La joie de vivre grandira en nous.

Le vêtement Blanc du Baptême

Le vêtement blanc

N.... tu es devenu une création nouvelle dans le Christ; tu as revêtu le Christ; ce vêtement blanc en est le signe. Que tes parents et tes amis t'aident par leur exemple à garder intacte cette dignité de fils (fille) de Dieu, pour la vie éternelle."

La remise du vêtement blanc a une portée hautement symbolique. Elle n'est pas seulement un acte extérieur; elle métamorphose l'être dans son entier, y compris son coeur. Par le baptême, nous sommes devenus autres. Nous avons acquis une nouvelle existence. Nous sommes remplis de l'esprit de Jésus qui nous illumine, comme le vêtement blanc éclaire le corps dont on l'enveloppe.

Qu'il soit simple bonnet blanc, écharpe, ou belle robe «de baptême», quel sens lui donner ?
Contrairement à une idée reçue, le blanc ne signifie pas seulement la pureté, "lave-moi je serai blanc plus que neige" (Psaume 139).

Dans la bible ceux qui portent des vêtements blancs, ou qui sont invités à les porter sont ceux qui jouissent d'une grande proximité avec Dieu. Le nouveau baptisé devient, par son baptême, un intime du Dieu de Jésus Christ : lors de la Transfiguration Jésus porte un vêtement d'une blancheur éclatante pour marquer sa proximité de Fils de Dieu.
«Vous avez revêtu le Christ» nous dit St Paul. Le vêtement blanc est le signe du Christ ressuscité que nous avons revêtu.

L' Onction du Saint Chrême , pour le Baptême

L'onction avec le saint chrême

Le Saint Chrême est l'huile de l'onction royale. Dans le judaïsme, les prophètes et les rois en étaient oints. C'était le signe de la bénédiction divine et de l'autorité nouvelle qu'ils recevaient de Dieu. Cette huile était élaborée à partir de baume et d'aromates. En recevant l'onction, le baptisé accède à une nature royale, prophétique et sacerdotale ; la bénédiction de Dieu repose sur lui ; il est imprégné d'un parfum qui répand la vie et non le déchirement.

Le baptisé est devenu une personne royale, un être qui règne sur lui-même et qui n'est dominé par personne, en paix avec lui-même et donc artisan de paix.

Le baptisé est devenu un prophète, il parlera avec franchise et fermeté ; toute sa vie il exprimera par son existence personnelle, la parole unique de Dieu, qu'il aura méditée et qu'il devra annoncer.

Le baptisé est consacré prêtre par le baptême. Cela veut dire qu'il a accès à Dieu sans intermédiaire, et qu'en lui-même il peut relier Dieu et l'être humain. Le prêtre est celui qui transforme le terrestre en divin, qui fait transparaître Dieu dans tout ce qui est terrestre, qui trouve la trace de Dieu dans la réalité humaine.

L'huile qui sert pour les baptêmes (et aussi pour les confirmations et les ordinations) annonce le sacrement de confirmation.

  La remise du cierge allumé , le baptême

La remise du cierge allumé.

"Recevez la lumière du Christ... C'est à vous, parents, parrain et marraine que cette lumière est confiée. Veillez à l'entretenir pour que cet enfant, illuminé par le Christ avance dans la vie en enfant de lumière et demeure fidèle à la foi de son baptême. Ainsi quand viendra le Seigneur, N. (prénom de l'enfant) pourra aller à sa rencontre dans son Royaume avec tous les saints du ciel."

Au cours du baptême, le prêtre remet au baptisé un cierge qu'il a allumé au cierge pascal. Cela signifie que chaque être humain est lumière pour ce monde. Le baptême nous révèle qu'avec chaque enfant c'est une nouvelle lumière qui éclôt en ce monde.

A travers le baptême, c'est aussi l'enfant qui est illuminé ; il est irradié de l'éternelle lumière de Dieu. Le sacrement nous ouvre les yeux et nous percevons la réalité telle qu'elle est vraiment.

Le cierge pascal qui brûle dans nos églises rappelle que le Ressuscité du matin de Pâques illumine le monde de la clarté son témoignage :«Je suis la lumière du monde».
Mais, dès le début de son ministère Jésus a dit à ses disciples : «Vous êtes la lumière du monde».
C'est pourquoi prendre la lumière au cierge pascal (Christ-Lumière) pour la remettre au nouveau baptisé (qui doit devenir lumière du monde) c'est comme passer le flambeau : tout le monde comprend le symbolisme.

Eclairés, illuminés, les chrétiens ont à éclairer la route de leurs contemporains.

 Que signifie le mot BAPTISER ?

Aujourd'hui les mots baptême et baptiser sont souvent utilisés dans des domaines profanes.

Baptiser signifie alors «donner un nom », rebaptiser : donner un nouveau nom;

Le mot baptême peut désigner une première expérience : baptême de l'air, baptême du feu...

Pour l'Eglise le mot « baptiser » est la francisation du mot grec «baptizein» qui signifie « plonger ».

Baptiser, c'est plonger dans l'eau, mais ce n'est pas se baigner, ni prendre un bain !

On se laisse baigner par un autre : le Christ.

Aujourd'hui, cette signification n'est plus guère évidente parce que les baptêmes liturgiques, en occident, consistent à verser un peu d'eau sur le front. C'est pourquoi, on préfère l'immersion complète quand cela est possible.

On entend dire parfois que les «parents baptisent leur enfant ».

ll est plus juste de dire que les parents font baptiser leur enfant, car c'est le prêtre qui baptise, et c'est le baptisé qui reçoit le baptême.

 Le Baptême

Du grec baptisma, qui signifie l'acte d'être plongé ou immergé. Le baptême est d'abord lié au besoin naturel de se laver ; les animaux - même les oiseaux - le pratiquent.

Dans les religions, il a toujours été un rite de purification ou d'ablution. Avec le baptême de Jean-Baptiste, cette pratique revêt une signification plus morale que rituelle : « Les Juifs se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés » (Mt 3, 6). Pour être totalement efficace, le baptême doit être une œuvre divine, celle du Christ et de l'Esprit Saint (v. 11). Jésus, en effet, le véritable Agneau de Dieu, est venu accomplir la volonté du Père en prenant sur lui les péchés du monde (Jn 1, 29).

Ainsi chargé, il s'est laissé immerger dans l'abîme du mal et de la souffrance ; à propos de cette immersion, il confie à ses disciples : « Je dois être baptisé d'un baptême, et quelle n'est pas mon angoisse jusqu'à ce qu'il soit consommé ! » (Lc 12, 50). Par sa mort rédemptrice, Jésus descend jusqu'aux enfers, mais pour ramener à la surface des eaux et jusqu'au rivage de l'éternité tous ceux qui accepteront d'être sauvés. S'il donne sa vie, c'est pour la reprendre, afin que la mort soit absorbée dans la victoire et que tous ses amis reçoivent la vie en plénitude (cf. Jn 10, 17. 10 ; 1 Co 15, 54).

Pour avoir part à la vie du Christ ressuscité, il faut que les croyants entrent, par le baptême, dans le mystère pascal : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la Gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Toutes les petites morts ou épreuves quotidiennes, qui préparent notre mort, doivent être unies au sacrifice du Christ pour devenir rédemptrices : ainsi sommes-nous plongés dans sa mort. Déjà cependant, sa vie nous anime : baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (Mt 28, 19), nous sommes « plongés » dans la vie trinitaire, abreuvés de l'Esprit Saint (1 Co 12, 13), en attendant d'être immergés dans la Gloire. Le sacrement du baptême fait de nous des « re-nés » à la vie divine ; pour ceux qui peuvent le comprendre et l'accepter, il est de nécessité de salut (Jn 3, 5 ; Mc 16, 16) ; pour les autres, la rectitude de vie et le don de soi, et aussi l'offrande de la vie au moment de la mort - ou, pour les enfants morts sans baptême, le fait de mourir d'une mort « semblable à celle du Christ » (cf. Rm 6, 5) - constituent des titres à une quelconque suppléance, car, selon l'adage théologique, Dieu n'est pas lié aux sacrements. Normalement donc, le baptême est nécessaire au salut ; il est « la porte des autres sacrements », c'est-à-dire la condition : on ne peut être confirmé ou communier si l'on n'est pas baptisé ; pour se nourrir ou pour atteindre une stature d'adulte, il faut être né. Le baptême régénère en donnant le germe de la vie divine ; il faut ensuite laisser croître ce germe par la pratique de la vie chrétienne, spécialement par l'exercice de la vie liturgique et sacramentelle.

 Le « caractère » reçu au baptême a pour fonction, selon saint Thomas, de nous habiliter au culte. Né de la liturgie baptismale, le chrétien qui ne veut pas devenir un avorton de la vie divine trouve sa joie et sa force dans les célébrations liturgiques. Tout homme peut baptiser son semblable en cas de grave nécessité (voir Ondoiement) ; il n'est même pas requis que lui-même soit baptisé : il suffit qu'il veuille faire ce que fait l'Église.

En versant de l'eau sur le front ou sur une autre partie du corps de la personne qui demande le baptême, celui qui baptise doit dire : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». En soi, le baptême par immersion est le plus significatif, le plus originel aussi.

 

Le sacrement du Baptême

Voir les commentaires

LE BAPTÊME DE JESUS

9 Janvier 2026, 17:27pm

Avec la fête du baptême de Jésus, nous sommes au sommet du temps de l'Epiphanie. Après l'annonce aux bergers dans la nuit de Noël, puis la visite des Mages qui découvrent la manifestation de Dieu aux lueurs de l'étoile, c'est Jésus lui-même, Verbe de Dieu, qui se manifeste à son baptême dans le Jourdain. Depuis ce moment-là, génération après génération, nous ne cessons pas de découvrir ce que Dieu veut nous laisser voir et comprendre.

L'Epiphanie, ou le dévoilement du mystère en Dieu, se fait dans l'éternel aujourd'hui de Dieu : "Avec ton Fils, l'aurore de ton jour éternel s'est levée sur toutes les nations" dit la prière de la messe de jeudi dernier

Jusqu'ici, l'épiphanie laissait voir et découvrir les signes de Dieu. Aujourd'hui, l'épiphanie parle : " Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé " en qui j'ai mis tout mon amour." La voix est celle de celui qui peut appeler l'autre "mon fils". Qu'elle soit exprimée de vive-voix ou seulement de l'intérieur, la voix est en effet, écoutée et retenue à une telle profondeur qu'elle retentit jusqu'à nous, jusqu'à la fin des temps,. Elle proclame l'identité de cet homme nommé Jésus. Il est Fils de Dieu. Il vient du Père et vit dans le Père.

Tout nous dit que c'est à partir de ce moment-là que Jésus se sait différent. Pendant trente ans, Jésus vivait caché. Il était un juif ordinaire, vivant pauvrement de son travail, menuisier, fils de menuisier. Comme tout juif pratiquant, il fréquentait la synagogue, il écoutait, lisait la Bible et priait avec. Mais aujourd'hui, tout devient différent. L'événement de son Baptême nous donne un éclairage sur sa vie humaine : fils de David, fils de Marie, mais Fils de Dieu.

Il sait parfaitement maintenant d'où il vient et où il va. Il sait que "le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu'il est sorti de Dieu et qu'il va vers Dieu." (Jn 13,3,) en ramenant tous et tout avec lui. A son baptême, Jésus atteint le sommet de la connaissance de Dieu et du monde des hommes. Il a pleine conscience maintenant de son identité de Fils de Dieu et de sa mission de Messie.

En lui, se concentre toute l’humanité comme le sang retourne au coeur pour s’y purifier. Il s’incorpore tous les hommes. Ils ne font avec lui qu’un seul corps. Le chrétien est l'homme de la filiation divine, conscient d'être né, non pas du sang, ni d'un vouloir de chair, mais de Dieu. Quand il reste dans cet éveil que le Christ lui a communiqué, il est l'homme de prière. La référence à Dieu ouvre le chrétien aux dimensions de l'Esprit. Il est ouvert au monde, à ses frères pour les servir comme Jésus est venu pour servir et non pour être servi. Car Jésus est l’épiphanie de Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit.

Jésus n'est jamais seul. Il est toujours avec Quelqu'un qu'il appelle son Père. Il nous fait découvrir que la vie est la relation avec Celui qui est. Quand il envoie les disciples baptiser au Nom du Père et du Fils et du St Esprit, il donne à ses disciples le pouvoir de transmettre cette relation de la vie en Dieu.

Pour nous faire entrer dans son mystère, Dieu a emprunté l'expérience vécue la plus forte qu'il peut trouver dans tout l'univers : la paternité et la maternité humaines. L'écho vital de l'expérience "père-mère" est la filiation. C'est le regard du bébé qui trouve le visage de son premier vis à vis dans ce monde, celui de sa maman, celui de son papa. Le regard du père et de la mère éveille le bébé à lui-même. Le bébé sourit, et la relation est née. Le bébé est maintenant une personne. La rencontre ne se fait qu'entre deux personnes. Elle s'effectue par ce regard de reconnaissance et de compréhension, signe du souffle de vie qui crée le lien entre deux personnes : l'esprit.

Jésus n'est pas venu pour créer des rites à pratiquer. C'est normal que l'on s'ennuie quand on prend l'Evangile ou la vie de l'Eglise, ou notre vie chrétienne, comme un répertoire de rites. Jésus est venu créer des occasions à vivre avec Dieu le Père et à être fils. Quand il confie à ses apôtres d'aller dans le monde entier baptiser les nations, il ne pense pas à créer des registres de baptême fournis. Il veut faire participer tous, sans distinction, à ce que le Père lui a dit aujourd'hui : " tu es mon Fils, moi aujourd'hui, je t'ai engendré."

Tout baptême doit se trouver dans cette reconnaissance de Jésus par le Père, comme son origine. " Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit," veut dire en clair : par ce signe de référence, avec ce geste d'immersion dans l'eau, il faut que tu saches, dit le Seigneur, que tu es maintenant dans la vie en Dieu. Dieu se retrouve intimement dans cette expérience de relation de père-mère-enfant. Dieu n'a pas de nom, ni de prénom. Mais il est un nom humain dont Dieu aime bien se faire appeler : Dieu Père, Dieu Fils, Dieu Esprit.

L'Epiphanie est à la fois le dévoilement du mystère en Dieu et la rencontre entre Dieu et l'humanité, en cet homme nommé Jésus, Fils de Dieu et fils de notre terre.

 

 

 

LE BAPTÊME DE JESUS

Voir les commentaires

LA FÊTE DES ROIS

3 Janvier 2026, 11:06am

L’EPIPHANIE

L'année commence en fanfare par la célébration de l’Épiphanie. Grâce à Dieu et aux galettes, personne n’y échappera. Bénie soit la liturgie des confiseurs qui préserve nos fêtes chrétiennes de l’oubli et des assauts du laïcisme ! Sur la pente doucement irrésistible du sacré au sucré, notre dévotion pâtissière nous rappelle que l’Épiphanie est la fête des rois. Effectivement la Tradition de l'Église qui lit l'Écriture intelligemment a dès longtemps vu dans les mages de l'Évangile les rois dont le psaume dit : "Ils apporteront des présents. Ils se prosterneront devant Lui. Ils feront leur offrande" (Ps 72).

Faire des mages des rois, c’est donner à l’Épiphanie une portée éminemment politique. Déjà à Noël l’ange annonçait : "Aujourd’hui vous est né un Sauveur." Or c’est l’empereur de Rome qui se faisait appeler Sôter, Sauveur du monde ! Admirons la provocation angélique : le vrai empereur n’est pas ce fantoche dans ces palais du Palatin mais ce nouveau-né sur la paille de la crèche ! Hérode peut trembler pour son trône ! Quelle terreur inspirera un jour le tribunal du Juge, si le berceau d’un petit enfant fait déjà trembler les rois superbes sur leur trône ? Que les Puissants redoutent Celui qui est assis à la droite du Père, puisque Hérode craignait l’Enfant assis sur les genoux de sa mère ! Pauvre Hérode ! Celui à qui tu veux défendre de régner sur la Judée étend son règne partout jusqu’aux nations des confins de la terre ! 

Les mages sont rois et ils sont trois, aussi. Ils sont trois parce qu’ils portent trois cadeaux : l’or, l’encens et la myrrhe. Ils sont trois parce qu’ils représentent toutes les nations de la terre, c’est-à-dire les peuples issus des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet dont il est dit "à partir de ces trois-là se fit le peuplement de toute la terre" (Gn 9, 19). Parce qu’ils figurent ces nations qui viennent de l’Orient et de l’Occident s’asseoir au festin d’Abraham d’Isaac et de Jacob. Parce qu’ils sont Noé, Daniel et Job, ces trois païens qui selon le prophète Ezéchiel auront la vie sauve quand le pays verra la perte de ses enfants (Ez 14, 14-15). Parce que le Messie devait se manifester devant Ephraïm, Benjamin Manassé selon les paroles du psaume : "Pasteur d’Israël, "épiphanisez-vous" devant Ephraïm, Benjamin, Manassé" (Ps 79, 3). 

Mais les Pères de l’Église rapprochaient aussi les rois mages et les trois enfants du livre de Daniel. Ananias, Azarias et Misaël qui refusèrent de se prosterner devant Nabuchodonosor (Dn, 3). Voilà bien la merveille ! Trois enfants des Hébreux ne s’inclinent point devant un roi païen, mais trois rois païens se prosternent devant un enfant hébreu ! Le seul Roi en effet était ce petit enfant juif, né de la Vierge Marie. Voilà comment Dieu tire vengeance des nations, voilà le grand retournement improbable annonciateur du dénouement de Pâques : "l’amour jaloux du Seigneur Sabaoth fera cela" (Is 9, 9).

 

LA FÊTE DES ROIS

Voir les commentaires

Léon XIV ou la fin du prêtre en surplomb

27 Décembre 2025, 17:53pm

Lettre du Vatican

Mikael Corre

Envoyé spécial permanent de La Croix au Vatican

« Je tiens tout d’abord à exprimer ma gratitude pour le témoignage et le dévouement des prêtres qui, partout dans le monde, offrent leur vie, célèbrent le sacrifice du Christ dans l’Eucharistie, annoncent la Parole, absolvent les péchés et se consacrent généreusement, jour après jour, à leurs frères et sœurs en servant la communion et l’unité et en prenant soin, en particulier, de ceux qui souffrent le plus et vivent dans le besoin », écrit Léon XIV le 22 décembre 2025.

À Rome, les textes pontificaux disent souvent plus qu’ils n’énoncent. La dernière lettre apostolique de Léon XIV, Una fedeltà che genera futuro (Une fidélité qui engendre l’avenir), consacrée au sacerdoce à l’occasion des soixante ans des décrets Optatam totius et Presbyterorum Ordinis, appartient à cette catégorie.

Sous le vocabulaire familier de Vatican II, s’y dessine – outre l’expression d’une sincère gratitude – une vision du prêtre qui n’est sans doute pas sans lien avec la trajectoire personnelle de Robert Prevost. Et plus précisément avec ses années passées au Pérou.

Dans cette lettre, Léon XIV reprend avec insistance un point sur lequel l’Église insiste depuis le Concile, sans toujours être parvenue à en tirer toutes les conséquences concrètes : le prêtre n’est pas une figure séparée. Il est « frère parmi les frères », baptisé avant d’être ordonné. Reprenant presque mot pour mot l’intuition de Presbyterorum Ordinis, le pape rappelle que les prêtres exercent une fonction « éminente et indispensable », tout en demeurant membres à part entière du « peuple de Dieu ». Le sacerdoce ne confère pas un rang dans une hiérarchie de commandement.


« Leadership exclusif »

Ce rappel reste nécessaire. Il vise à déconstruire un imaginaire sacerdotal ancien, encore vivace, où le prêtre se définit par la distance qu’il institue – distance liturgique, symbolique, sociale. Léon XIV ne l’attaque pas frontalement. Il opère un déplacement : la fidélité dont il parle, et qu’il demande aux prêtres, n’est pas d’abord fidélité à une Tradition – le mot n’apparaît qu’une seule fois dans la lettre – mais fidélité à une relation, au Christ et aux autres. Une fidélité « qui engendre l’avenir ».

Le terme de « cléricalisme » est absent du texte, mais l’idée traverse toute la lettre. Léon XIV le décrit moins comme une idéologie que comme une tentation permanente : celle d’un pouvoir qui se replie sur lui-même, d’une autorité qui cesse d’écouter, d’un ministère exercé seul. Il met en garde contre les dérives d’un « leadership exclusif », concentré entre les mains du prêtre, et appelle à des formes de gouvernement plus collégiales, plus partagées, plus synodales.

Mais la lettre ne s’arrête pas à cette critique, désormais bien connue. Car une fois déconstruite la figure du prêtre comme tenant d’un pouvoir séparé, une autre question surgit : comment être prêtre aujourd’hui ? Autrement dit, que devient le ministère lorsque la distance symbolique ne le définit plus ?

C’est ici que la trajectoire péruvienne de Robert Prevost – je viens de finir la lecture de Léon XIV. Portrait d’un pape péruvien (1), que je vous conseille – éclaire le texte. Comme missionnaire puis comme évêque, il a été confronté très concrètement aux effets d’un sacerdoce vécu en position de domination. Le livre de
Véronique Lecaros et César Piscoya décrit le contexte ecclésial dans lequel il arrive au nord du Pérou : un catholicisme encore marqué par l’héritage colonial.


« Répondre à tout »

À Chulucanas puis à Trujillo, Robert Prevost observe les dégâts produits par ce modèle : dépendance excessive des communautés à la personne du prêtre, infantilisation des laïcs, faible coresponsabilité, mais aussi solitude du clerc lui-même. Et l’expérience péruvienne confronte aussi Robert Prevost à une autre limite : celle d’un ministère qui s’épuise à force de se définir par l’action. Lecaros et Piscoya décrivent un jeune religieux très sollicité, engagé dans une multiplicité de tâches pastorales, sociales et éducatives. Dans ces diocèses pauvres, le prêtre est attendu sur tous les fronts. Le risque n’est plus alors la domination, mais l’épuisement : un ministère absorbé par l’urgence, par la quantité de projets, par la nécessité de « répondre à tout ».

Le livre insiste sur son choix de ne pas se poser en homme-orchestre, mais de former des équipes, de déléguer, de reconnaître les compétences des catéchistes et des responsables laïcs, y compris des femmes. Il accepte de ne pas tout faire lui-même, de ne pas être partout, de ne pas se rendre indispensable.

Les témoignages rapportés par Lecaros et Piscoya décrivent un prêtre qui se laisse appeler par son prénom, qui écoute longuement, qui refuse la mise à distance symbolique, mais aussi un pasteur attentif à ne pas se laisser définir uniquement par l’efficacité de son action. Ni notable, ni travailleur pastoral surmené.


Somme de ses actes

Cette tension traverse la lettre apostolique. Léon XIV ne remet pas en cause le ministère ordonné : il en rappelle la nécessité, la dimension sacramentelle, la responsabilité propre. Mais ce qu’il déconstruit, ce sont ses formes sociales – celles qui ont fait du prêtre une figure de pouvoir, comme celles, plus récentes, qui tendent à le réduire à une fonction de production, à optimiser.

Léon XIV distingue clairement ces deux dérives. Le cléricalisme relève d’une logique de pouvoir ; l’activisme, d’une logique de performance. L’une enferme le ministère dans la verticalité ; l’autre le dissout dans l’idée que le prêtre se réduirait à la somme de ses actes.

C’est le sens de l’avertissement formulé avec netteté dans la lettre : « Dans notre monde contemporain, caractérisé par des rythmes effrénés et l’angoisse d’être hyperconnectés qui nous rend souvent frénétiques et nous pousse à l’activisme, (…) la valeur de chacun se mesure à ses performances (…). Ce que l’on fait passe avant ce que l’on est, inversant la véritable hiérarchie de l’identité spirituelle»


(1) Véronique Lecaros, César Piscoya, Léon XIV. Portrait d’un pape péruvien, Paris, Fayard, 316 p., 23 €.

 

Léon XIV ou la fin du prêtre en surplomb

Voir les commentaires

DIMANCHE DE LA SAINTE FAMILLE

27 Décembre 2025, 11:22am

Au lendemain de Noël, notre regard se porte vers la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. La joie de Noël n’est-elle pas atténuée par les difficultés de tant de nos familles. Tant de couples, de frères ou de sœurs ne peuvent plus vivre Noël ensemble. En nous tournant  vers la famille de Marie, Joseph et Jésus, reprenons un peu souffle.

Certes la sainte famille est unique. Le père, Joseph, n'est pas le père. Aucun homme n’est à la fois si pleinement présent et si discret dans l’accueil de Dieu. Comme Marie, il a bénéficié d'une annonciation. Comme Marie, il a dû consentir à la mission que Dieu lui confiait. On peut assez aisément imaginer la générosité désintéressée de celui dont toute la vie s'est accomplie dans l'effacement.

Marie, si elle est bien la mère, la conception virginale en fait une mère tout à fait à part. Ici encore, la réserve est de mise. Le mystère de Marie, comme celui de Joseph, est marqué du sceau de la retenue. Comme Joseph, elle allie  une présence totale à Jésus avec une discrétion absolue. Dans la vie des ces deux êtres, Joseph et Marie, Dieu passe. Tout passe par eux. C'est à eux que Dieu a confié le trésor le plus inimaginable, son propre Fils bien-aimé, celui qui est de toute éternité le reflet de sa splendeur.  

Leur couple a été appelés à tout recevoir mais aussi à ne rien garder pour eux. S’ils offrent l’hospitalité et la protection à Dieu qui  indiciblement s’est fait petit enfant, c’est aussitôt pour nous l’offrir. Telle est bien le sens eucharistique de la Vierge déposant son nouveau-né dans une mangeoire comme nous le raconte l’évangile de la nuit de Noël : Jésus, Pain rompu pour la Vie du monde, elle nous le donne, dès sa naissance.

Si uniques soient-ils, Marie et Joseph nous fournissent pourtant un modèle bien concret dans leur existence mouvementée. Le texte de Paul dans sa lettre aux Colossiens (2e lecture), surtout dans sa première partie, décrit l’attitude requise de toute personne au sein d’une famille comme au sein d’une communauté. Puisque nous sommes tous les bien-aimés de Dieu, nous devons, dit-il, revêtir nos cœurs de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur et de patience, nous supportant mutuellement et même nous pardonnant lorsque nous avons quelque reproche à nous faire, nous souvenant que nous avons été nous-mêmes pardonnés par le Seigneur.

C’est le seul témoignage que nous avons à nous donner les uns aux autres et, entre nous, entre familles, entre proches, « Dieu premier servi », comme disait Jeanne d’Arc. Que Dieu premier aimé, soit entre nous, hommes et femmes, mariés, célibataires, parents, enfants entre eux, familles entre familles, la source de cet esprit de bienveillance, c’est-à-dire qu'il veut le bien de l’autre. Que Dieu naisse et grandisse en nous comme dans nos rencontres.

Ce trésor qu’est Dieu fragile, désarmé et toute bienveillance, est déposé dans nos mains vides comme il a été confié à celles de Joseph et Marie. Devenu adulte, le Christ révèlera qu'il fait partie d'une autre Famille, celle de Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Sa mission sera de ramener tous les hommes vers le Père. Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cette Famille de Dieu. Nous avons été immergés dans cet océan d'amour qui est en lui. Et nous sommes invités à marcher tous les jours vers ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume de Dieu.

Qu'il s'agisse de la Sainte Famille ou de nos familles ou de nos communautés, il s'agit toujours d'apprendre à recevoir et à partager notre trésor le plus précieux : Dieu fait homme en Jésus Christ, source de toute bienveillance.

 

DIMANCHE DE LA SAINTE FAMILLE

Voir les commentaires

A NOEL LE SOLEIL EST UN PÂLE REFLET DE LA LUMIERE FAITE CHAIR

23 Décembre 2025, 17:28pm

A NOEL LE SOLEIL EST UN PÂLE REFLET DE LA LUMIERE FAITE CHAIR

Noël A

Quand il est né, c’est la cohue dans les bureaux de recensement. Les gens pestent contre l’occupant romain, indifférent aux affaires interrompues, aux travaux abandonnés, aux longs voyages non remboursés. Compter le monde... ils sont fous ces Romains ! Qui nous délivrera de ces humiliations et du poids insupportable de leurs impôts ? Qu’il vienne le Messie, qu’il nous arrache du désespoir.

Ils ne le savent pas, mais le vœu déjà est exaucé, « emmailloté et couché dans une mangeoire ».... La grande et bonne nouvelle est déjà proclamée à quelques bergers qui gardent leurs troupeaux. Un signe aussi fragile que celui d’un nouveau-né vient de leur être donné.

Aussi, à la grande joie que colportent les pâtres, « tout le monde s’étonnait de ce qu’ils racontaient ». Il y a de quoi ! Ce n’est pas dans une étable que l’on s’attend à voir se manifester la puissance de Dieu. Et pourquoi donner la primeur de la nouvelle à des valets de ferme alors que ne manquent pas en Israël spécialistes ès Ecritures Saintes et maîtres en théologie. Quand on y pense bien, l’étonnement persiste toujours plus de 2.000 ans après...

Jean, l’ami qui a suivi Jésus jusqu’au bout, jusqu’à la croix et à la résurrection, commente l’évangile de la crèche proclamé dans la nuit. Le tout petit de Bethléem est Dieu qui se dit. La Parole faite chair. La Parole créatrice. Elle dit et cela est. Elle parle et dévoile son mystère, et révèle notre destinée.

En Jésus Christ, dans le bébé de Marie, Dieu vient dire tout ce qu’il est et tout ce que nous sommes. Il nous révèle à nous-mêmes comme le fait tout amour. Il est amour. Il n’est qu’amour. La Parole incarnée vient frapper discrètement à notre porte pour nous faire l’aveu de sa tendresse. Noël, c’est le murmure d’une confidence du ciel.

Les guirlandes lumineuses de nos rues, les petites flammes que nous allumons dans nos crèches disent à leur manière - ce que certains ne savent même plus ! - que Dieu est Amour. Il est venu dans le monde pour que brillent les lumières de l’amour au sein de nos ténèbres humaines. Reflet de la gloire du Père, « lumière née de la lumière », « vrai soleil dont le soleil est l’ombre », le Fils se fait homme en Jésus pour qu’ensemble, toi, toi et encore toi, ma sœur, mon frère, nous soyons divinisés, fils de Dieu, fils dans l’Unique Fils ! Quelle merveille ! Le roi céleste, devant qui se prosternent les anges, est devenu cet enfant couché sur la paille. Le Logos, le Dabar (hébreu), la Parole salvatrice, le Verbe créateur s’est fait chair et il a planté sa tente parmi nous. Jésus, c’est Dieu qui entre dans la chair d’un enfant comme dans une tente, c’est Dieu qui fixe sa demeure parmi les hommes pour partager leur pauvre vie et les amener vers les richesses de la vie divine.

Oui, il y a 20 siècles, le ciel a visité la terre. La gloire de Dieu est venue offrir la paix aux hommes qu’il aime. Et depuis, malgré les soubresauts douloureux de son histoire, la terre se teinte des couleurs du ciel et le ciel prend goût à la terre. Anges et hommes fraternisent. Comme Marie, laissons la paix de Noël déjà envahir nos cœurs. Et à la suite des bergers, devenons-en les artisans

 

A NOEL LE SOLEIL EST UN PÂLE REFLET DE LA LUMIERE FAITE CHAIR

Voir les commentaires

IVéme DIMANCHE DE L'AVENT

19 Décembre 2025, 17:45pm

Quatrième dimanche de l'Avent A

Bientôt, c’est Noël. En ce dernier dimanche de l’Avent, notre regard se porte tout particulièrement vers Joseph. Pour mettre en lumière son attitude, la liturgie la met en contraste avec le récit de la rencontre entre le prophète Isaïe et le roi Acaz.

Tout comme Joseph, le roi est perdu dans ses soucis. Nous sommes en 730 avant notre ère ; la Samarie et la Syrie, ses voisins,  se sont coalisées contre Juda et s’apprêtent à faire le siège de Jérusalem. « Le roi et son peuple furent secoués comme les arbres de la forêt sont secoués par le vent » (Isaïe 7, 2).
Cette agitation tranche avec le calme de saint Joseph. La suite va nous faire découvrir la raison de ce contraste : Acaz cherche des solutions toutes humaines à son problème. Sans consulter le prophète Isaïe dont il pressent le désaccord, il envisage de faire appel à l’Assyrie pour sortir de ce mauvais pas. Mais cela reviendrait à vouloir chasser un coup de vent en appelant un ouragan : le remède est pire que le mal ! Pour sauver son Royaume terrestre, il risque de compromettre la religion de ses Pères, qui menace d’être contaminée par le paganisme de la toute-puissante culture assyrienne.

 

Joseph, lui, ne cherche pas à défendre ses intérêts ; il ne met en place aucune stratégie humaine, ni pour « récupérer » sa fiancée, ni pour défendre sa réputation, ni pour venger son honneur bafoué. Il se tourne vers Dieu et écoute la voix de l’Esprit dans le secret de sa conscience. « Joseph, son époux, était un homme juste », c’est-à-dire ajusté à Dieu par son obéissance à la Loi, « ajusté » à Marie par un amour qui ne la soupçonne pas, et « ajusté » à lui-même par une droiture sans hypocrisie ni compromission.
C’est ce décentrement de soi qui lui permet, à la différence du roi Acaz, de garder la paix intérieure. « Il décide de la répudier en secret », il ne veut pas usurper une place que Dieu seul pouvait accorde. Joseph  renonce à Marie et s’efface  discrètement devant  lemystère de cet enfant qui vient de Dieu.

Telle est « l’obéissance de la foi » à laquelle nous exhorte Saint Paul dans la seconde lecture de ce jour. L’Apôtre nous invite à oser livrer notre vie à celui qui le premier s’est livré pour nous, afin de trouver dans ce mystérieux échange, « la grâce et la paix » de Dieu. Car si « Jésus-Christ notre Seigneur est né de la race de David selon la chair, s’il a été établi dans sa puissance Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts », c’est afin de nous donner part à sa vie divine dans « l’Esprit qui sanctifie ».

Cette histoire, en son essentiel, est parfois la nôtre. Nous nous trouvons dans des situations de contraintes que nous n’aurions certes pas choisies mais que nous sommes invités à dépasser, pour trouver une solution en Dieu. Couples stériles, enfants inattendus, enfants malades, grands adolescents qui donnent du souci, enfants adultes qui suivent un chemin qui nous est douloureux... dans toutes ces situations, nous sommes tentés de nous passer de Dieu. Or, la solution dernière de nos problèmes humains, comme pour Joseph, ne se trouve qu’en Dieu !

Avec Joseph, maître intérieur, nous sommes invités « à prendre chez nous Marie » et à accueillir Jésus avec elle et lui. Ce qui est unique dans l’histoire de Joseph et Marie, c’est la conception virginale de l’enfant que suppose très clairement l’évangéliste : « elle fut enceinte par l’action de l’Eprit Saint ». C’est la signature de Dieu sur une œuvre qui nous dépasse infiniment. Donner au monde un enfant qui soit à la fois Fils de Dieu et fils de l’homme, Fils du Père et fils de Marie. Par l’adoption de Joseph, Jésus est introduit dans une famille humaine. Dans l’Esprit,  il est bien plus qu’un homme habité par Dieu. Il est Dieu en personne. L’Homme-Dieu. En lui, nous sommes en cours de divinisation.

 

IVéme DIMANCHE DE L'AVENT

Voir les commentaires

1 2 > >>